mercredi 27 mars 2013

Intervention de Marie-Françoise Khamed, au nom des élus du groupe Lutte Ouvrière, au conseil municipal du 25 mars 2013 au sujet de la création de cinq emplois d’avenir.

Cette délibération propose de créer cinq emplois d’avenir dans un contexte où les jeunes sont très largement touchés par le chômage et la précarité. En janvier 2013, Saint-Chamond comptait 634 jeunes de moins de 25 ans inscrits à Pôle Emploi en catégories A, B et C.
La catégorie A est celle des demandeurs d’emploi n’ayant exercé aucune activité dans le mois précédent, la catégorie B est ceux ayant exercé une activité réduite de - 78H, la catégorie C est ceux ayant exercé une activité réduite de + 78H. Il y a aussi la catégorie D sur laquelle j’attire votre attention car elle concerne les demandeurs d’emploi en stage. Et enfin la catégorie E qui concerne les contrats aidés et les créateurs d’entreprises. Ces deux dernières catégories concernent beaucoup de jeunes.
Ce rappel est nécessaire car selon que l’on considère les catégories ABC les plus couramment renseignées, le nombre de chômeurs en France pour janvier 2013 est de 5 091 800 alors que nous atteignons les 5 748 300 demandeurs d’emploi toutes catégories prises en compte. La Mission locale Gier Pilat a accompagné cette année 2615 jeunes de moins de 26 ans (environ 1300 Saint-Chamonais), 94 ont accédé à un emploi durable (CDD + 6 mois ou CDI)
Aujourd’hui c’est, en moyenne, après 23 ans que les jeunes quittent le foyer familial, vers 28 ans qu’ils se stabilisent dans l’emploi et à 27 ans qu’ils commencent à vivre en couple. Le temps de la précarité se fait plus long pour les jeunes. Pas de RSA pour les moins de 25 ans, les étudiants, les stagiaires non rémunérés. Le pouvoir d’achat des salariés de moins de 30 ans régresse. En 1975, un salarié de 50 ans gagnait en moyenne 15% de plus qu’un salarié de 30 ans, en 2011 l’écart est de 40 %.
Alors que le marché du travail se comprime, les jeunes sont les plus fortement touchés, et les jeunes saint-chamonais en particulier. L’Evolution annuelle du chômage des moins de 25 ans pour 2012 : 9,8 % au plan national, 12,2 % en Rhône-Alpes, + 19 % sur la commune. La part des jeunes en catégorie A représente 17,7% de l’ensemble des demandeurs d’emploi en France, 17 % en Rhône-Alpes, et 21 % à Saint-Chamond (janvier 2013).
 Ces contrats qui s’ajoutent à bien d’autres créés au fil des années, sont présentés par le gouvernement, comme un moyen de lutter contre le chômage, sauf que ceux-ci restent des CDD de 1 à 3 ans. La plupart seront créés dans les collectivités locales, les établissements publics et les associations, ils sont financés à 75 % par l'État. Le gouvernement envisage la création de 100 000 de ces emplois pour 2013, et 50 000 supplémentaires en 2014. Chiffre bien dérisoire au regard des 867 000 jeunes (catégorie ABC) actuellement demandeurs d’emploi. Pour cette année, 1000 à 1150 emplois d’avenir sont prévus pour la Loire.
Alors, qu’une partie du budget de l'État, même faible, soit consacrée à des jeunes peu ou pas diplômés, c'est toujours ça. Avec le contrat de génération, c’est la seule mesure concrète avancée par le gouvernement pour inverser la courbe du chômage chez les jeunes. Chaque année 122 000 jeunes sans diplôme sortent du système éducatif, dans les quatre années qui suivent leur sortie, le taux de chômage chez ces jeunes dépasse les 44 %, alors qu'il est de 21 % en moyenne pour les jeunes détenteurs d’un CAP/BEP/Bac et 10,7 % pour les diplômés de l’enseignement supérieur. La formation est un enjeu essentiel de l’emploi d’avenir, nous devons faire le maximum sur ce volet. C’est la meilleure façon de compenser la précarité liée à ces emplois.
Le contexte se durcit depuis 21 mois consécutifs. Le chômage s’accroit de 0,3 % chaque trimestre ce chiffre traduit les suppressions de postes dans la fonction publique, les milliers d’emplois supprimés dans l’industrie, les contrats intérimaires stoppés. Le gouvernement ne s’oppose pas réellement aux licenciements et suppressions d’emplois. Les grands groupes ont les mains libres pour continuer à licencier avec l’effet de cascade chez les sous traitants et les intérimaires.
Il est de notre responsabilité d’agir à tous les niveaux.
Les 5 contrats d’avenir sur notre commune sont une première mesure que nous approuvons mais nous attendons plus d’engagement de la part d’une commune de 35 000 habitants. D’une municipalité qui depuis 5 ans s’est intéressée aux jeunes et à leurs projets de vie, et pas seulement sur le plan des loisirs. Nous avons travaillé avec les associations, les conseils de quartier, la Mission locale, Pôle emploi, les collèges et les lycées, pour redonner confiance aux jeunes de 16 à 30 ans. Alors nous sommes en devoir d’attendre plus de 5 emplois d’avenir municipaux lorsqu’il est question de les soutenir pour l’emploi. Il en va de notre crédibilité.
Nous espérons par cette intervention vous avoir interpellés face aux difficultés que rencontrent les jeunes actuellement. Nous avons à mobiliser l’ensemble de notre territoire afin que les 1150 emplois avenir prévus dans la Loire soient pourvus.
Les 4 élus Lutte Ouvrière approuvent tout de même la création de ces 5 emplois d’avenir en raison de la situation difficile que nous vivons mais nous souhaitons que notre municipalité impulse une autre dynamique.

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