lundi 19 novembre 2012

Intervention d'André MOULIN, au nom des élus du groupe LUTTE OUVRIERE, au conseil municipal du 19 novembre 2012 à propos du débat sur les orientations budgétaires du budget 2013

Cela fait maintenant 4 ans que dure la crise. L’année 2012 se termine et 2013 sera certainement encore plus marquée par cette crise. La couleur du gouvernement a changé mais on continue de nous parler de la dette et surtout des sacrifices qui faudrait faire pour la réduire.
La rigueur remplace l’austérité… Les mots changent mais pas les conséquences. Pour les travailleurs, les retraités, les chômeurs, les familles populaires cela continue d’être de plus en plus difficile de vivre, de boucler les fins de mois de se soigner, de se loger. Le prix de l’énergie, des carburants, du gaz et de l’électricité, s’envole au gré des appétits des actionnaires des grands groupes sans les gouvernements, qui se succèdent, se gardent bien d’y mettre vraiment le holà.
La hausse de la TVA revient sur le tapis. Et cela est aussi injuste sous Hollande que sous Sarkozy.

La couleur est annoncée pour le budget 2013 et cela ressemble étrangement à ce qu’on a connu ces dernières années. Cela va se traduire par de nouvelles attaques contre les services publics, tous les services publics, avec 10 milliards de baisse des dépenses publiques. Combien de lits seront encore fermés dans les hôpitaux ? Combien de communes manqueront d’argent pour mener à bien leurs projets ou pour aider les familles pour le minimum nécessaire ? Combien de départements réduiront leurs aides sociales ? Combien de millions en moins pour les travaux indispensables dans les infrastructures, les routes, les transports collectifs ?
Les régions, les conseils généraux et les communes, toutes les collectivités locales sont sommées de faire des économies, de gré au de force, car les dotations de l’Etat vont encore se réduire.
Oui, ce sont les classes populaires qui vont continuer à être pressurées pour que l’Etat puisse rembourser servilement les dettes, augmentées des intérêts, exigées par les banques. Une politique d’autant plus révoltante que, si l’Etat s’est endetté jusqu’au cou, c’est en particulier pour avoir aidé à coups de milliards aussi bien les grandes banques que les grands groupes industriels.
Bien que choyées par le gouvernement, les banques ne font pas de cadeau ni aux particuliers, ni aux artisans, ni aux municipalités. Emprunter pour notre municipalité, cela va être plus difficile et couter plus cher.
Dans le document que vous avez sous les yeux il y a beaucoup de chiffres pour illustrer le contexte.
Je vais en donner d’autres.
Par exemple : 20 milliards de cadeaux vont être faits au patronat soit disant pour améliorer la compétitivité, pourtant il profite déjà de 170 milliards d’exonérations et d’aides. Combien d’emplois ont été créés ces dernières années ? Au contraire 1000 emplois disparaissent chaque jour. Où sont les investissements ? À quoi ces milliards ont-ils servi, si ce n’est à grossir la fortune de quelques-uns ?
Madame Parisot, présidente du MEDEF, est satisfaite et déclare : "on a été entendu".
Comme dit l’adage "quand c’est bon pour le patron, ce n’est pas bon pour l’ouvrier !"… et je rajouterais pour les contribuables.
Les grands groupes, qui ont été et sont les principaux bénéficiaires des largesses des différents gouvernements, ne se pas gênent pour licencier même quand ils affichent des résultats très positifs. Les actionnaires des entreprises du CAC 40 ont empoché 39 milliards. Le rapport Gallois reconnait que "les versements des dividendes sont restés globalement stables…". Donc ce n’est pas la crise pour tout le monde. Les actionnaires pleurent la bouche pleine.
Le bouclier fiscal va coûter en 2012 : 400 millions d'euros, majorés de 350 millions au titre des années précédentes, soit 750 millions d'euros. Au total, sur la mandature 2007-2012, le bouclier fiscal aura coûté aux finances publiques 3,6 milliards d'euros. Les "restitutions", ces remboursements aux riches contribuables qui courent jusqu’en 2014, ne sont pas remises en cause par le gouvernement actuel qui respecte scrupuleusement les engagements de Sarkozy malgré ce qui avait été dit pendant la campagne électorale. Madame Bettencourt n’a donc pas à se faire des soucis pour ses vieux jours. Ce n’est pas le cas de beaucoup de retraités.
C’est dans ce contexte qu’a lieu ce débat sur les orientations budgétaires de notre commune.
L’action du maire de Sevran a rappelé les difficultés des communes pauvres.
Si on n’en est pas là à Saint Chamond où le taux d’endettement de notre ville est correct, on souffre tout de même de la situation. Nous sommes en dessous de la strate en ce qui concerne le potentiel financier mais aussi du revenu par habitant. Nous sommes une commune à faible potentiel dans un département le plus pauvre de la région Rhône-Alpes.
De toute façon, il est nécessaire de garder à l’esprit que les budgets communaux, de Saint-Chamond comme des autres communes populaires, sont bien fragiles face aux contraintes et menaces d’un système irresponsable.
Et ce qui est valable aujourd’hui ne le sera peut-être plus dans quelques mois et peut-être même à plus court terme. On voit bien ce qui se passe en Espagne, en Italie ou au Portugal.
La majorité municipale, à laquelle nous appartenons, a fait le choix de ne pas augmenter le taux des impôts en "écartant l’augmentation du taux ménage pour 2013" car nous sommes conscients de la situation de la plupart des saint-chamonais, qui sont touchés par la précarité et le chômage, par les bas salaires pour ceux qui travaillent et les petites pensions pour les retraités.
Avec des ressources stagnantes voir moindres, à travers un budget serré, la préoccupation est de continuer de procurer des services de qualité et de prévoir des investissements utiles à la population.

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire