lundi 11 juin 2012

Communiqué de Nathalie Arthaud du dimanche 10 juin 2012, suite au premier tour des élections législatives

Lutte Ouvrière, qui a été présente dans 552 circonscriptions, remercie les électrices et les électeurs qui ont voté pour ses candidats. Bien que nos résultats soient modestes, ils témoignent de l’existence d’un courant présent partout dans le pays, porteur de la conviction que les travailleurs doivent se donner un programme de lutte pour imposer leur droit à un emploi et à un salaire correct face au grand patronat et au gouvernement.
Hollande aura probablement la majorité qu’il souhaite à l’Assemblée nationale. Les électeurs des classes populaires n’ont cependant aucune illusion à se faire : ce ne sera pas « le changement maintenant » promis par Hollande pendant la campagne de l’élection présidentielle.
La période électorale n’est même pas terminée que les licenciements ont repris et se multiplient. Jeter des travailleurs à la rue, les priver de ressources dans cette période de crise, est un crime social. Il est évident cependant que le gouvernement ne veut ni ne peut arrêter ce crime, faute de vouloir prendre des mesures contraignantes pour interdire les licenciements collectifs, faute aussi de vouloir s’en donner les moyens.
Une fois de plus, un gouvernement de gauche mettra ses pas dans ceux des gouvernements de droite. Non seulement il reculera devant le mur de l’argent, mais il mettra les moyens de l’État à la disposition de la classe capitaliste.
L’offensive du grand patronat, qui cherche à récupérer sur le dos des travailleurs ce que le marché ne peut lui donner, découle directement de la crise économique et de son aggravation. Elle se poursuivra et s’intensifiera jusqu’à ce que la bourgeoisie se heurte à une opposition déterminée venant des exploités.
Malgré la crise et les ravages du chômage, les travailleurs gardent leurs capacités d’intervention intactes. Bien que l’activité industrielle soit en diminution, bien qu’un nombre croissant d’usines soient fermées ou délocalisées, la vie économique continue. C’est toujours l’exploitation de ceux qui continuent à produire qui engendre le profit des entreprises et enrichit leurs propriétaires et actionnaires.
Lutte Ouvrière n’aura pas de députés. Nous continuerons cependant à dire la vérité aux travailleurs, même si elle n’est pas agréable à entendre. Il est toujours plus facile de faire miroiter de faux espoirs que d’affirmer que les travailleurs ne peuvent compter que sur leurs propres luttes pour se défendre.
Les élections terminées, Lutte Ouvrière sera toujours du côté des exploités. Sa raison d’être est d’agir dans les entreprises et les quartiers populaires pour que les exploités se donnent un parti qui représente leurs intérêts politiques. Nous continuerons à affirmer que les travailleurs ont la force de se défendre contre l’exploitation car ce sont eux qui font tourner l’économie. Organisés et conscients, ils ont la capacité de faire bien plus : prendre la direction de la production et de la société. Ils le feraient infiniment mieux que les riches parasites, préoccupés de leur seul profit privé et qui mènent la société au désastre.

Pour Lutte Ouvrière
 Nathalie Arthaud

vendredi 1 juin 2012

Intervention d'André Moulin à l'Assemblée générale de Saint-Etienne Métropole du 31 mai 2012 au sujet du financement de l'A45

L’assemblée générale de Saint-Etienne métropole s’est tenue le jeudi 31 mai. Elle a regroupé plusieurs centaines d’élus (maires et conseillers municipaux) des 43 communes de l’agglomération. André Moulin a fait plusieurs interventions dont une sur le financement des travaux de la futur l’A45. Cette intervention a été applaudie par nombre d’élus présents.

Intervention de André Moulin, adjoint au maire de Saint-Chamond et conseiller communautaire suppléant, au sujet du financement de l'A45

En fin d’année 2011, Monsieur Bonne en tant que président du Conseil général et Monsieur Vincent en tant que président de Saint-Etienne Métropole annonçaient qu’ils donnaient suite à la demande de l’Etat de cofinancer l’A45.
Des chiffres alors avaient été annoncés : 350 millions pour l’état et 175 millions pour chacune des collectivités.
Même si depuis ces chiffres ont varié et ont été transformés en pourcentage pour faire passer la pilule, le résultat est le même : les contribuables de la Loire devront mettre la main au portefeuille pour financer cette autoroute qui, de toute façon, sera privatisée et ira engraisser les actionnaires d’un des grands groupes qui se partagent le pactole des autoroutes.
Les habitants des 43 communes de Saint-Etienne Métropole paieront même quatre fois
- en tant que contribuable à l’Etat
- en tant que contribuable de Saint Etienne Métropole
- en tant que contribuable du conseil général de la Loire
- en tant usager éventuel de l’A45 , en payant le péage au délégataire privé.
Si on part sur les chiffres donnés initialement (source du Collectif de sauvegarde des coteaux du Jarez), c’est donc 1017 euros que chaque contribuable des 43 communes de Saint-Etienne Métropole paiera, sans compter bien sûr le péage pour ceux qui utiliseraient l’A45.
Certes ces chiffres peuvent varier mais le résultat sera le même : l’Etat se désengage et ce sont les collectivités locales  qui devraient payer une grande partie de cette infrastructure pourtant déclarée "d’utilité publique" par l’Etat.
A cela s’ajoutera l’éventuelle subvention d’équilibre qui devrait être versée au concessionnaire s’il ne fait pas assez "son beurre".
La décision des deux présidents de répondre favorablement à la demande de l’Etat et donc de taxer les contribuables ligériens s’est prise sans réels débats. La plupart des élus locaux que nous sommes n’ont pas été consultés.
Aucune information précise, notamment sur le montage financier, n’a été transmise.
Comme la plupart des élus, nous n’avons eu que les informations parus dans la presse et celles du tract du Collectif de sauvegarde des coteaux du Jarez. La transparence, pourtant nécessaire, n’est vraiment pas de mise. C’est le moins qu’on puisse dire.
Cette affaire amène trois questions :
1) sur le transfert aux collectivités locales d’une partie du financement d’équipements qui devraient relever de l’état.
2) sur la légitimité de la prise de décision par le président de Saint-Etienne Métropole même entérinée par le bureau.
3) sur la non compétence de Saint-Etienne Métropole en matière d’infrastructure auto routière. Cette compétence relevant de l’Etat
En ce qui me concerne, élu à Saint Chamond, avec les trois autres élus Lutte Ouvrière dans la majorité municipale de cette ville, j’ai l’intention de demander, en temps utile, à Philippe Kizirian, maire de notre commune, un débat en conseil municipal sur cette question de financement de l’A45 comme cela s’est fait dans d’autres communes à l’initiative de certains maires. Les contribuables de Saint-Chamond comme ceux des 42 autre communes ont droit de savoir puisque ce sont eux qu’on va obliger à payer.