mardi 31 janvier 2012

Intervention d'André Moulin, au nom des élus du groupe Lutte Ouvrière, à propos du vote du budget 2012

Lors du débat sur les orientations budgétaires, j’ai fait une longue déclaration. En ce début 2012, pour le vote du budget, il n’y a rien à changer, bien au contraire.
L’année 2012 s’annonce encore plus marquée par la crise. Comme en 2011, il n’est pas de jour où on ne nous parle de la dette et surtout des sacrifices qu’il faut faire et faudra faire quelque soit les résultats des élections.

Ceux qui gouvernent actuellement le pays, Monsieur Sarkozy et ses ministres refusent de parler de rigueur mais la réalité est bien là !
Pour les travailleurs, les chômeurs, les retraités, les familles c’est plus difficile de vivre, de boucler les fins de mois de se soigner, de se loger. Le prix de l’énergie, des carburants, du gaz et de l’électricité, s’envole au gré des appétits des actionnaires des grands groupes et le gouvernement se garde bien d’y mettre vraiment le holà.
Au contraire, c’est l’augmentation des taxes comme sur les mutuelles ou la hausse annoncée hier de la TVA dite sociale comme s’il pouvait y avoir quelque chose de social dans cet impôt injuste où les pauvres paient autant que les riches.
Cela sera une aide aux patrons en plus de toutes celles qui existent déjà sous la forme de nouveaux dégrèvements de cotisations sans qu’ils augmentent, pour cela, les salaires ou qu’ils arrêtent de licencier.
Et bien sûr les attaques contre les services publics, tous les services publics, avec la baisse des budgets et la compression des effectifs qui continuent.
Oui, ce sont toutes les classes populaires qui sont rackettées pour que l’Etat puisse rembourser servilement les dettes, augmentées des intérêts, exigées par les banques. Une politique d’autant plus révoltante que, si l’Etat s’est endetté jusqu’au cou, c’est en particulier pour avoir aidé à coups de milliards aussi bien les grandes banques que les grands groupes industriels.
Bien que choyées par le gouvernement, les banques ne font pas de cadeau ni aux particuliers, ni aux artisans, ni aux collectivités. Emprunter pour notre municipalité coute plus cher avec, en plus, un emprunt dit toxique contracté par nos prédécesseurs que nous continuons de trainer comme un ''boulet''.
Les collectivités, comme la nôtre, n’ont pas le privilège de se financer comme les banques auprès de la Banque Centrale Européenne à un taux très faible proche de zéro pour mais. Ces banques qui reprêtent cet argent à un taux bien plus élevé en faisant un bénéfice substantiel au passage.
Nous pouvons aussi mesurer les dégâts qu’a faits la réforme de l’ex-taxe professionnelle dont la suppression doit assurer un gain chiffré à 5,8 milliards aux entreprises. Et on vient d’apprendre que la Contribution économique territoriale va couter à l’état un milliards de plus.
De toutes façons, sans connaitre quelles seront toutes les conséquences de l’évolution de la situation en 2012, on sait déjà que les collectivités locales (communes, conseils généraux, régions, communautés d’agglomération) se verront verser encore moins de dotations provenant de l’Etat alors que les besoins augmentent car ces collectivités doivent prendre en charge de nouveaux besoins liés à la paupérisation de la population et les transferts de compétences.
C’est de cela que le gouvernement parle en annonçant pudiquement une ''stabilisation en valeurs des concours financiers de l’état''.
Notre commune verra donc en 2012 les apports financiers versés par l’Etat encore en recul.
La majorité municipale, à laquelle nous appartenons, a fait le choix de ne pas augmenter le taux communale des impôts en 2012, consciente de la situation de la plupart des saint-chamonais, qui sont touchés par la précarité et le chômage, par les bas salaires pour ceux qui travaillent et les petites pensions pour les retraités.
Ce qui ne veut pas dire que les saint-chamonais ne verront pas, hélas, leurs impôts augmenter car il y a la revalorisation des bases décidée par l’Etat mais aussi le niveau des impôts décidé par la Région, le Conseil Général, Saint Etienne Métropole confrontés eux-aussi à la situation et au désengagement de l’Etat.
Avec des ressources stagnantes voir moindres, à travers un budget serré, notre préoccupation est de continuer de procurer des services de qualité et de prévoir des investissements utiles à la population.
En conclusion, de mon intervention au nom des quatre élus du groupe Lutte Ouvrière, je voudrais parler des conséquences des décisions gouvernementales sur la situation des employés municipaux, car le bon fonctionnement de notre ville, du service public dépendent largement d’eux, femmes et hommes, et les élus que nous sommes ne peuvent ignorer les attaques qu’ils subissent de la part de Sarkozy et son gouvernement .
Ils vont avoir un jour de carence quand ils s’arrêtent en cas de maladie, ce qui n’existait pas jusqu’à présent.
Ils vont subir le blocage de la valeur du point jusqu’en 2013. C’est peut-être bon pour la maitrise de la masse salariale du budget communal mais pas du tout bon pour leur pouvoir d’achat.
Certains élus de droite, dans les déclarations qu’ils viennent de faire, s’en réjouissent, pas nous !
Ceux qui n’auront pas de promotion, d’évolution de carrière, auront une perte de leur pouvoir d’achat d’autant plus qu’ils subissent l’augmentation des cotisations des retraites et celle de la mutuelle suite au doublement de la taxe.
Il faut rappeler qu'avec la dernière augmentation du SMIC décidée pour décembre, le gouvernement est obligé de réévaluer les salaires de près de 900 000 fonctionnaires de catégorie C qui se retrouvent en dessous du SMIC.
A cela s’ajoute les problèmes concernant la formation puisqu’une disposition modificative de la loi de finance a fait passer de 1 % à 0,9 % la cotisation de financement du Centre national de la fonction publique soit une perte de 33 millions par an. Les conséquences se feront sentir sur la formation et déjà le CNFPT annonce qu’il ne remboursera plus les frais de transport des stagiaires sauf ceux de la Corse et des DOM.
En ce qui concerne le travail précaire, depuis le changement de majorité municipale des avancées non négligeables ont été faites pour résorber le travail précaire dans les services. Cela devra continuer d’autant plus qu’une loi pour diminuer la précarité dans la fonction publique va être votée.
Et comme ce qui est valable aujourd’hui ne le sera peut-être plus dans quelques mois et peut-être même à plus court terme, il est nécessaire de garder à l’esprit que les budgets communaux, de Saint-Chamond comme des autres communes populaires, sont bien fragiles face aux contraintes et menaces d’un système irresponsable.
C’est dans ce contexte qu’a lieu ce vote du budget 2012 de notre commune.
Cette année encore, notre groupe vote ce budget 2012 parce que nous somme d’accord sur les grandes lignes ce qui ne veut pas dire que nous sommes d’accord sur tout.

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