jeudi 15 décembre 2011

Intervention d'André Moulin, au nom des élus du groupe Lutte Ouvrière, au conseil municipal du 13 décembre 2011 à propos du débat sur les orientations budgétaires du budget 2012

Le conseil municipal s’est réuni le mardi 13 décembre. La réunion a débuté par une intervention de Jean Pierre De Pasquale (groupe des élus communistes et républicains) qui a lu une déclaration condamnant, avec la majorité municipale, l’agression du local du Parti Socialiste à Roanne.
Une grande partie du conseil a été consacrée au débat sur les orientations budgétaires pour le budget 2012.
Pendant le débat, l’ancien maire, qui était dans le public, a tenté de prendre la parole, sans y être invité, pour se justifier sur les emprunts toxiques et son soi disant "blanchiment" par la Cour régionale des comptes.
André Moulin, pour les quatre élus Lutte Ouvrière, a fait une déclaration sur les orientations budgétaires.

L’année 2011 se termine et 2012 s’annonce encore plus marquée par la crise. Il n’est pas de jour où on ne nous parle de la dette et surtout des sacrifices.
Une agence de notation vient donc de placer la France et les autres pays de la zone euro "sous surveillance" et de menacer de dégrader la note de sa dette publique. Ce qui donne au gouvernement français un prétexte de plus pour accroître la rigueur, c'est-à-dire les agressions contre le niveau de vie des classes populaires.
Si la confiance des spéculateurs dans les capacités de remboursement de l'État français s'érode, en quoi le monde du travail en est-il responsable ? Le déficit de l'État n'a pas été creusé par les travailleurs du privé et du public, les retraités ou les chômeurs, mais par des gouvernements qui ont vidé les caisses en arrosant les grandes entreprises et les banques de subventions et d'exonérations. Ces mêmes grandes entreprises, ces mêmes banques, continuent à licencier des travailleurs par milliers.
La notation est utilisée comme un chantage contre les travailleurs, contre toute la population laborieuse.
Le Premier ministre Fillon a prétendu à la télévision qu’il n’y aura pas de troisième plan d’austérité. Grossier mensonge même dans la numérotation car, dans la réalité, depuis plusieurs mois, les mesures d’austérité contre les classes populaires se suivent !
Monsieur Sarkozy a toujours refusé de parler de rigueur et Monsieur Fillon parle maintenant d’"ajustement". Mais qu’est-ce que cela peut faire aux travailleurs, aux retraités, aux chômeurs, dont on attaque semaine après semaine leurs conditions d’existence, que le gouvernement le fasse avec hypocrisie ou qu’il appelle un chat un chat ?
Pour eux de toute façon c’est plus difficile de vivre, de boucler les fins de mois de se soigner, de se loger. Le prix de l’énergie, des carburants, du gaz et de l’électricité, s’envole au gré des appétits des actionnaires des grands groupes et le gouvernement se garde bien d’y mettre vraiment le holà. Au contraire, c’est l’augmentation des taxes comme sur les mutuelles ou la hausse dite "ciblée" de la TVA.
Ce sont aussi de nouvelles attaques contre les services publics, tous les services publics avec la baisse des budgets et la compression des effectifs.
Oui, ce sont toutes les classes populaires qui sont rackettées pour que l’Etat puisse rembourser servilement les dettes, augmentées des intérêts, exigées par les banques. Une politique d’autant plus révoltante que, si l’Etat s’est endetté jusqu’au cou, c’est en particulier pour avoir aidé à coups de milliards aussi bien les grandes banques que les grands groupes industriels.
Bien que choyées par le gouvernement, les banques ne font pas de cadeau ni aux particuliers, ni aux artisans, ni aux municipalités. Emprunter pour notre municipalité coute plus cher avec, en plus, un emprunt dit toxique contracté par nos prédécesseurs que nous continuons de trainer comme un "boulet".
C’est dans ce contexte qu’a lieu ce débat sur les orientations budgétaires de notre commune.
Il est nécessaire de garder à l’esprit que les budgets communaux, de Saint-Chamond comme des autres communes populaires, sont bien fragiles face aux contraintes et menaces d’un système irresponsable.
Et ce qui est valable aujourd’hui ne le sera peut-être plus dans quelques mois et peut-être même à plus court terme.
De toutes façons, sans connaitre quelles seront les toutes conséquences de l’évolution de la situation en 2012, on sait déjà que les collectivités locales : communes, conseils généraux, régions, communautés d’agglomération se verront verser encore moins de dotations provenant de l’Etat alors que les besoins augmentent car ces collectivités doivent prendre en charge de nouveaux besoins liés à la paupérisation de la population et les transferts de compétences. C’est de cela que le gouvernement parle en annonçant pudiquement une "stabilisation en valeurs des concours financiers de l’état".
Notre commune verra en 2012 les apports financiers versés par l’Etat encore en recul comme le pointe le rapport présenté.
La Dotation Globale de Fonctionnement (DGF) n’augmentera pas et donc sera en dessous de l’inflation.
La Dotation de Solidarité Urbaine et de cohésion sociale (DSUCS) est estimée au même niveau que 2011 donc là aussi en dessous de l’inflation.
La participation de la CAF aux différents contrats (contrat éducatif local, contrat enfance, contrat temps libre) va elle aussi encore baisser, comme c’est le cas depuis 2009.
De plus, suite à différents transferts et à la réforme de la taxe Professionnelle Saint Etienne Métropole  apporte des compensations en diminution importante.
Les différentes hausses qui sont liées à l’inflation mais aussi  celles qui nous sont imposées par des décisions du gouvernement comme celle de l’augmentation dite "ciblée" de la TVA qui passe de 5,5 % à 7 % dans certains cas, l’augmentation du prix du gaz, de l’électricité, des carburants ont des répercutions sur les tarifs communaux dont certains vont évoluer de 5 %, On peut déplorer cette situation.

La majorité municipale, à laquelle nous appartenons, a fait le choix de ne pas augmenter le taux des impôts, consciente de la situation de la plupart des saint-chamonais, qui sont touchés par la précarité et le chômage, par les bas salaires pour ceux qui travaillent et les petites pensions pour les retraités.
Avec des ressources stagnantes voir moindres, à travers un budget serré, la préoccupation est de continuer de procurer des services de qualité  et de prévoir des investissements utiles  à la population.

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