mardi 16 novembre 2010

Intervention de André Moulin au nom des élus du groupe LUTTE OUVRIERE, au conseil municipal du 15 novembre 2010 à propos du débat sur les orientations budgétaires du budget 2011

Ce débat sur les orientations budgétaires intervient dans un contexte peu différent de celui d’il y a douze mois.

C’est celui d’une crise prolongée du système économique sous lequel nous vivons, le système capitaliste. Pour ne parler que de notre pays, nous connaissons tous les caractéristiques de cette crise : maintien du chômage à un niveau élevé, aggravation du niveau de précarité des emplois, surtout des femmes et des plus jeunes, blocage des salaires, baisse continuelle des moyens des services publics. Cela dans un cadre général où les grandes sociétés du CAC 40 annoncent des profits en hausse, où la dette publique, créée et entretenue par les subventions et aides des gouvernements aux grandes sociétés privées, sert de prétexte à une politique d’austérité, où l’argent accumulé ne va pas aux investissements mais aux spéculations en tous genres, où le caractère irrationnel et injuste de l’organisation sociale apparaît aux yeux de tous.

De cette situation, toute favorable aux actionnaires et payée par les classes populaires, les premiers responsables sont évidemment les grands groupes industriels et financiers, leurs actionnaires et leurs dirigeants, cette petite minorité qui tient la société en otage. Ce sont eux qui dictent leur comportement aux hommes politiques en place, y compris les plus hauts placés, qui ne sont que des serviteurs de la loi du profit. Une affaire bien connue a montré récemment les liens entre les mondes de l'argent et des gouvernants. Madame Bettencourt a touché à elle seule, rien que pour cette année, 30 millions d’euros de ristourne sur ses impôts, soit l’équivalent de la moitié du budget annuel de notre ville de 36 000 habitants.

Dernière en date des offensives des couches dirigeantes contre le monde du travail : l’attaque Woerth-Fillon-Sarkozy sur les retraites. Les mensonges déversés par les tenants du pouvoir n’ont pas pu cacher qu’il s’agit, en repoussant les âges de la retraite, de verser des pensions encore plus minces à ceux et celles qui sont quand même les seuls qui, par leur travail, produisent toutes les richesses de ce pays. Et le puissant mouvement de protestation, initié au début septembre et qui a rassemblé des millions de manifestants, s’il n’a pas fait reculer le gouvernement, a montré que la classe ouvrière a commencé à relever la tête. Ce qu’elle n’a pas pu obtenir aujourd’hui, elle se battra pour l’obtenir demain en reprenant les mêmes chemins : ceux de la lutte par les moyens de la lutte collective, tous ensemble : public et privé, travailleurs, précaires, chômeurs, retraités, actifs et jeunes.

Alors, dans ce contexte, nous comprenons qu’il ne faut pas baisser la garde contre ceux qui veulent nous ramener en arrière. Et qu'il est nécessaire de garder à l’esprit que les budgets communaux, de Saint-Chamond comme des autres communes populaires, sont bien fragiles face aux contraintes et menaces d’un système irresponsable.

Les collectivités locales : communes, conseils généraux, régions, communautés d’agglomération voient gelées en 2011 les dotations provenant de l’Etat alors que les besoins augmentent car ces collectivités doivent prendre en charge de nouveaux besoins liés à la paupérisation de la population et les transferts de compétences. C’est de cela que le gouvernement parle en annonçant pudiquement une « stabilisation en valeurs des concours financiers de l’Etat pendant 3 années ». Non seulement la Dotation Globale de Fonctionnement (DGF) n’augmentera pas, mais même baissera. Quant à la Dotation de Solidarité Urbaine (DSU), elle est estimée au même niveau que 2010. La participation de la CAF aux différents contrats (contrat éducatif local, contrat enfance, contrat temps libre) va elle aussi encore baisser. On pourrait multiplier les exemples. Globalement ce sera une baisse des dotations de 460 000 euros (-4,5%) en 2011. C’est autant de manque à gagner pour notre commune.

Il y a aussi d’autres attaques multiples contre le niveau de vie de la population laborieuse de notre ville. Bien sûr contre les services publics par la réduction des effectifs et des financements mais aussi contre le logement social avec une nouvelle taxe décidée par le gouvernement sur les loyers des locataires. Cela représente pour notre office d’HLM 509 000 euros soit 80 euros par locataire et donc autant d’argent qui ne servira pas pour construire et entretenir les logements sociaux sur notre ville. Le prix de l’énergie, des carburants, du gaz et de l’électricité, s’envole au gré des appétits des actionnaires et le gouvernement se garde bien d’y mettre le holà. En plus il y a l’augmentation d’impôts du Conseil général confronté aux transferts de compétences mais pas des moyens financiers correspondants et de Saint Etienne Métropole qui voit ses rentrées financières réduites suite à la réforme de la taxe professionnelle.

Notre majorité municipale a fait le choix de ne pas augmenter le taux des impôts, consciente de la situation de la plupart des saint-chamonais, qui sont touchés par la précarité et le chômage, par les bas salaires pour ceux qui travaillent et les petites pensions pour les retraités. Avec des ressources stagnantes voire moindres, à travers un budget serré, la préoccupation est de continuer de procurer des services de qualité et de prévoir des investissements utiles à la population

Les élus du groupe LUTTE OUVRIERE approuvent ces orientations.

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