mercredi 25 février 2015

Editorial de Lutte Ouvrière du 23 février 2015

MACRON ET VALLS : LES DÉMOLISSEURS DES DROITS DES TRAVAILLEURS

Le recours au 49.3 par le gouvernement pour faire passer la loi Macron et la motion de censure de l’UMP ne furent qu’un concentré de comédie et d’hypocrisie politicienne.   
Les médias l’ont rappelé : en 2006, Hollande, alors qu’il était dans l’opposition, avait dénoncé le  recours au 49.3 par le gouvernement de droite comme "une brutalité, un déni de démocratie, une manière de freiner ou d'empêcher le débat parlementaire". Un des députés PS de l’époque, Manuel Valls, en demandait même l’abrogation… 
Aujourd’hui, les rôles sont inversés, et c’est la droite qui donne des leçons de démocratie… Jusqu’à ce qu’elle revienne au pouvoir et marche sur ses propres boniments concernant la "représentation populaire". 
Hypocrisie encore quant aux prétendues divergences politiques sur la loi Macron. À commencer par les députés "frondeurs" et ceux d’Europe écologie qui ne pouvaient pas voter cette loi du fait de désaccords trop importants. Mais, dès que les choses sont devenues sérieuses, ils sont rentrés dans le rang ! C’est une leçon dont il faut se souvenir car on ne peut pas accorder sa confiance à des politiciens aussi prompts à trahir leurs convictions pour conserver leur strapontin.

lundi 23 février 2015

A45 Saint-Etienne-Lyon : la population paiera deux fois

Depuis des années, un projet de construction d'une nouvelle autoroute, l'A45, entre Saint-Etienne et Lyon, est dans les tuyaux, l'A47 étant surchargée et dangereuse. Le gouvernement a annoncé que ce projet faisait maintenant partie de ses priorités, et l'A45 devrait être finie en 2021.
Sur les 1,2 milliards de coût, l'Etat prend 420 millions à sa charge, et les collectivités territoriales – conseil départemental de la Loire et Saint-Etienne Métropole – 420 millions, bien que ces collectivités n'aient pas la "compétence autoroutière". Ce sont donc les contribuables qui assureront l'essentiel du coût de la construction, au grand bénéfice de l'entreprise concessionnaire, entreprise dont le nom n'a toujours pas été révélé, mais qui sera un grand trust : Bouygues, Vinci ou Eiffage. La population paiera même une deuxième fois, car l'autoroute sera payante, à hauteur de 5 euros… au début.
Encore un exemple qui montre comment les pouvoirs publics font les poches des travailleurs pour alimenter les caisses des trusts richissimes.

mardi 17 février 2015

Editorial de Lutte Ouvrière du 16 février 2015

Loi Macron : une nouvelle offensive contre les travailleurs

On nous a présenté la loi Macron comme une loi sur les professions réglementées. Son objectif devait être de libéraliser ces professions pour faire baisser les prix. À l’arrivée, on se retrouve avec une loi anti-ouvrière.
Le ministre de l’Économie n’a jamais eu l’intention de s’attaquer aux vrais rentiers, c’est-à-dire aux bourgeois qui encaissent les dividendes de leurs actions sans rien faire de leurs dix doigts, à l’instar de Madame Bettencourt qui gagne un million chaque jour. Situation que Macron, ancien banquier devenu millionnaire par la grâce d’une opération financière, doit trouver tout à fait normale.
Quant aux petits privilégiés que sont les pharmaciens, les notaires et les avocats, il a suffi qu’ils protestent un peu pour que Macron les laisse tranquilles. Pour se racheter, il a même glissé dans la loi un cadeau à ses amis : l’allègement de la fiscalité des actions gratuites. Pour une loi censée s’en prendre aux rentiers, il fallait le faire !

mardi 10 février 2015

Editorial de Lutte Ouvrière du 9 février

Ce n’est pas seulement la Grèce que le grand capital étrangle

Alors que Tsipras, le nouveau chef du gouvernement grec, faisait la tournée des dirigeants de l’Union européenne pour négocier quelques mois de répit auprès des créanciers de son pays, la Banque centrale européenne a fermé une des deux sources de financement de la Grèce. Le message est on ne peut plus clair.
Les représentants de la grande bourgeoisie qui sont à la tête de la BCE, du FMI et de l’Union Européenne veulent mettre ce pays et son gouvernement à genoux au nom du principe selon lequel « qui a des dettes doit les rembourser ». Avant tout compromis, il faut donc que Tsipras se renie et expie le crime d’avoir laissé croire à la possibilité d’une « annulation de la dette ».
Tsipras ne demande pas la lune. Il ne parle plus d’annuler la dette grecque, ni même d’en effacer une partie, il veut en étaler les remboursements.

lundi 2 février 2015

Editorial de Lutte Ouvrière du 2 février 2015

EN GRÈCE, L’ÉPREUVE DE FORCE QUI S’ANNONCE EST ENTRE LES TRAVAILLEURS ET LA BOURGEOISIE  

En votant pour Syriza, l’électorat populaire grec a fait un geste fort. Après cinq années d’austérité inouïe ponctuée de licenciements, de coupes dans les salaires, les retraites et les services publics, il a eu le courage de refuser de nouveaux sacrifices. Malgré le chantage des financiers et des dignitaires européens qui tiennent les cordons de la bourse de leur pays, il a osé rejeter leur diktat. C’est un encouragement pour tous ceux qui n’acceptent pas la situation bien au-delà de la Grèce.
La Grèce a été frappée par la crise et les cures d’austérité avec une brutalité particulière. Mais quel pays n’a pas été touché d’une façon ou d’une autre? En France, des milliers de travailleurs s’enfoncent mois après mois dans le chômage et la misère. Tour à tour, droite et gauche s’emploient à défaire nos droits et à aggraver la précarité. Alors réclamer le droit à une vie digne est aussi notre combat.