lundi 15 septembre 2014

Editorial de Lutte Ouvrière du 15 septembre

REPRENONS CONFIANCE DANS NOTRE FORCE COLLECTIVE

Les travailleurs n’ont évidemment rien de bon à attendre du discours de Valls devant l’Assemblée. Quant au vote qui suivra, son issue est prévisible : l’Assemblée votera la confiance au gouvernement et celui-ci s’en prévaudra pour aggraver sa politique anti-ouvrière.
En effet, les socialistes « frondeurs » ainsi que la plupart des écologistes l’ont déjà annoncé, ils se contenteront de s’abstenir. Preuve qu’ils ne veulent s’opposer qu’en paroles et seulement si cela reste sans conséquence. Comme tous les autres socialistes, ils ont bien trop peur d’une dissolution qui pourrait leur coûter leur siège. 
Comme quoi le député Thévenoud n’est pas le seul à s’accrocher à son strapontin ! Lui ne voit pas de contradiction entre le fait de ne pas payer ses impôts et son loyer pendant trois ans et rester député. Les frondeurs, eux, ne voient pas la contradiction entre être « contre » le gouvernement et « s’abstenir » pour laisser en place le gouvernement. Ce n’est pas moins lâche et c’est tout aussi inconséquent. 
Les frondeurs comme les écologistes font mine de prendre leurs distances avec le gouvernement Valls pour ne pas couler avec le navire. Mais sur le fond, rien ne les sépare du reste de la majorité.
Depuis qu’ils sont élus, ils ont d’ailleurs cautionné tous les sales coups, que ce soient les attaques contre les retraites, les hausses d’impôts ou la loi sur la compétitivité. Il y a trois mois, ils étaient, eux-aussi, vent debout contre la grève des cheminots. Alors, faire croire aux travailleurs qu’il y aurait quoi que ce soit à espérer de ces gens-là est une farce.  
C’est pourtant la politique des dirigeants du Parti communiste qui ont accueilli les frondeurs à bras ouverts à la fête de l’Humanité. C’est sur eux qu’ils comptent pour, disent-il, reconstruire une « alternative à gauche » et redonner de « l’espoir à gauche » ! On pourrait en rire, si ce n’était aussi désespérant.
L’expérience a été faite avec Mitterrand, avec Jospin et maintenant avec Hollande : ce n’est pas parce que l’on se dit « socialiste » et que l’on s’assoit à gauche dans le parlement bourgeois que l’on est dévoué aux intérêts des travailleurs. 
L’objectif de reconstruire la « gauche », quand le mot de « gauche » recouvre aussi bien une fraction de l’électorat populaire attachée aux valeurs du mouvement ouvrier que des politiciens ennemis déclarés de la classe ouvrière, est un objectif ambigu et trompeur. La question est de savoir qui est dans le camp des travailleurs et qui ne l’est pas. 
Alors, la seule perspective qui vaille est de reconstruire un parti ouvrier, qui mette en avant les exigences des travailleurs, des chômeurs, des retraités. Un parti qui lutte contre les illusions électoralistes et qui n’attende rien de l’opposition de salon, mais qui affirme que le seul moyen pour faire valoir les intérêts du monde du travail et changer la société, c’est la lutte des travailleurs eux-mêmes. 
En lieu et place d’une politique de classe, les grandes organisations ouvrières, politiques ou syndicales ont véhiculé des illusions dans des politiciens de gauche qui n’auraient jamais dû mériter la confiance des travailleurs. 
Les travailleurs ont été trompés et détournés des combats qu’ils avaient à mener. Ce sont ces désillusions et le sentiment de trahison qui en découle qui font aujourd’hui le lit du Front national.
Eh bien, il faut reprendre le combat. La bourgeoisie n’a jamais rangé les armes. Avec la crise, il est impératif pour les capitalistes de démolir systématiquement les conditions d’existence des travailleurs pour prospérer. Retraites, salaires, conditions de travail, Sécurité sociale, droits syndicaux, services publics, tout y passera si les travailleurs ne réagissent pas.
Le patronat est tellement sûr de sa victoire sur le travail du dimanche et les seuils sociaux qu’il est déjà en train de préparer les coups suivants : la remise en cause du Smic, des 35 heures et des jours fériés. S’il n’y a pas d’opposition venant des travailleurs, il continuera. 
Et le gouvernement se chargera de justifier les demandes patronales. Il passe déjà son temps à nous expliquer qu’à cause de la crise il ne peut pas revaloriser les petites retraites, qu’il faut économiser, supprimer la prime de naissance, revoir le congé parental, payer plus d’impôts... Il fera payer les travailleurs tant que la crise durera pour répondre aux ordres du patronat. 
Alors oui, il y a beaucoup à faire. Mais la lutte de classe est là et bien là. Opposer la légitimité des intérêts des travailleurs à celle du patronat, permettre à la classe ouvrière de retrouver la confiance en sa force collective, c’est la seule voie pour les travailleurs.

vendredi 20 juin 2014

Communiqué de Lutte Ouvrière concernant l'hôpital du Gier

L'intersyndicale CGT/CFDT/FO de l'hôpital du Gier appelle Mardi 24 juin à 14H30 à un rassemblement devant l'hôpital pour  dénoncer le projet de fermeture de 14 lits de médecine.
LUTTE OUVRIERE soutient cette initiative car nous sommes tous concernés : personnel, usagers ou futurs usagers, familles.
Cette nouvelle fermeture de lits s'inscrit, bien sûr, dans le cadre de restrictions budgétaires auxquelles sont soumis les établissements hospitaliers comme tous les services publics. Hier, c'était sous la droite avec Sarkozy, maintenant c'est sous la gauche avec Hollande. C'est la continuité avec la même logique : tailler dans les budgets utiles à la population pour donner, sans contrepartie, des dizaines de milliards aux patrons. 
Non à cette nouvelle fermeture de lits ! Non à cette nouvelle attaque contre l'hôpital du Gier !
pour LUTTE OUVRIERE - Saint-Chamond, André MOULIN

lundi 16 juin 2014

Editorial de Lutte Ouvrière du 16 juin 2014

NOUS SOMMES TOUS DES CHEMINOTS
Depuis mercredi, des dizaines de milliers de cheminots sont en grève contre la réforme ferroviaire. Ce que le gouvernement présente comme une réunification salutaire entre la SNCF et RFF n'est qu'un "plan de compétitivité" destiné à réaliser des milliards d'économies sur le dos des usagers et des cheminots en vue de la privatisation de la SNCF.
 Pour les cheminots, elle se traduira par plus de flexibilité, par des jours de congés en moins, par le blocage de leurs salaires et des suppressions d'emplois. Les cheminots disent non, ils ont raison.
 Le gouvernement a choisi l'épreuve de force. "Il faut que cette grève s'arrête", ont ordonné Hollande et Valls. Cuvillier, le secrétaire d'État aux Transports, a même accusé les cheminots d'être des "incendiaires". Comme les grévistes de l'usine d'Aulnay-sous-Bois avaient été accusés par les dirigeants de Peugeot d'être des "casseurs", voilà que c'est le tour des cheminots.
 Cette fois, ce n'est pas une grande famille bourgeoise qui manifeste sa rage, mais un gouvernement PS. En se montrant aussi autoritaire contre les grévistes qu'il est à plat ventre devant les patrons, il apparaît sous son vrai jour.
 "Il en va de la sauvegarde de la SNCF et de sa modernisation", se défendent les ministres. Mais de Peugeot à La Poste en passant par La Redoute ou par Bouygues Telecom, on sait ce que cachent les mots de "modernisation" ou "restructuration" : une régression et des attaques contre l'emploi et les conditions de travail.
 On peut être usager de la SNCF et touché par la grève, on n'en demeure pas moins un ouvrier ou un employé qui mesure les conséquences de ces reculs, pour les subir soi-même.
 Les politiciens et les médias se répandent en calomnies contre les cheminots. Quel cinéma, les médias ont-ils dû faire pour que "l'exaspération" des usagers s'exprime ! Quelle dramatisation autour du bac ! C'est écoeurant.
 À chaque fois que des travailleurs se battent pour ne pas être transformés en chômeurs et pour leurs droits les plus stricts, ces gens-là les clouent au pilori et les accusent d'être des "privilégiés" et des "irresponsables". C'est d'ailleurs aussi parce qu'ils se battent que les intermittents du spectacle sont accusés d'être les enfants gâtés du régime de chômage !
 Patronat et gouvernement voudraient que l'on se taise et se résigne face à leurs mesures anti-ouvrières. Alors, que les cheminots et les intermittents du spectacle relèvent le gant est une bonne chose pour tous les travailleurs car il faut rompre cette spirale qui nous tire tous vers le bas.
 Bien sûr, la grève des cheminots "gêne". Mais si les cheminots sont en mesure de bloquer sérieusement la marche de la société, c'est qu'ils sont indispensables. Il en va de même pour tous les travailleurs. Les intermittents ne peuvent pas bloquer les trains mais ils peuvent aussi peser sur l'économie.
 L'annulation d'un festival comme celui d'Avignon coûterait, dit-on, plusieurs millions d'euros pour les hôteliers ou les restaurateurs. Chaque jour de grève coûterait 20 millions à la SNCF.
 Eh bien, cela donne une idée de ce que les travailleurs rapportent au quotidien et prouve qu'ils apportent infiniment plus à la société qu'ils n'en retirent. S'ils n'ont pas leur part, c'est que celle-ci leur est volée par une minorité qui se repaît de l'exploitation.
 Cela donne aussi une idée de la force que nous représenterons lorsque tous les contingents de salariés entreront en lutte ensemble, avec la conscience que, par delà nos secteurs d'activité, nous subissons la même offensive et que nous avons les mêmes exigences à défendre.
 Alors oui, il faut marcher la tête haute, être conscients de nos droits et nous battre pour nos intérêts. Nous sommes mille fois plus utiles que ces parasites qui nous font la leçon. Les cheminots, comme les intermittents, ouvrent la voie et peuvent en être fiers.
 Jusqu'où les cheminots vont-ils pouvoir aller ? Les directions syndicales résisteront-elles aux pressions gouvernementales ?
 Sont-elles traversées par des divisions qui pourraient les conduire à négocier des arrangements contre la poursuite de la grève ?
 Quoi qu'il en soit, il revient aux grévistes et à eux seuls de décider de l'avenir de leur mouvement. Ils ont montré qu'ils n'étaient impressionnés ni par les attaques du gouvernement, ni par celles des médias. Leur mécontentement est profond et suffisamment légitime pour qu'ils tiennent bon.
 Vive la grève des cheminots ! Vive la solidarité entre travailleurs !

dimanche 18 mai 2014

Un communiqué de nos camarades turcs de Sinif Mücadelesi, suite à la catastrophe de Soma

Les ouvriers meurent, le capital profite


L’abaissement du prix de revient de la tonne de charbon de 130/140 dollars pour l’État à 23,8 dollars, avec les « méthodes de travail du secteur privé » tant vantées par Soma Holding et son patron Alp Gürkan, vient de causer la mort de plus de 280 ouvriers, et ce nombre va encore augmenter.
Comme tous les patrons, il ment. Même alors que l’on mène les corps des mineurs au cimetière, il continue de mentir. Il a menti en parlant de l’explosion d’un transformateur, menti en disant qu’il n’y avait dans la mine que 200 à 300 travailleurs, il ment en déclarant que toutes les mesures de sécurité avaient été prises. Avec lui, des prétendus spécialistes jusqu’aux politiques, tous ceux qui soutiennent ce système de profits mentent et continuent de mentir.
C’est aussi un mensonge de dire que la mine appartient au secteur privé. Avant tout, sous le nom de redevance se cache un système de sous-traitance. Cela aussi est une invention des patrons. Ceux-ci, pour augmenter la production en s’asseyant sur les droits ouvriers, les font travailler sous un grand nombre de statuts différents. Après quoi, avec l’appui des responsables politiques, ils adaptent les lois à la situation. Les patrons conseillent les politiques, les gouvernements, les représentants de l’État, font pression pour les plier à leurs demandes. Et ils trouvent encore de nombreuses complicités.
Voilà pourquoi le Premier ministre fait son possible pour brouiller les cartes, prenant l’exemple des accidents du siècle dernier pour jeter un voile sur les responsabilités des patrons et pour les protéger.
Voilà dans quel système les profits produits par les ouvriers au prix de leur vie permettent à Alp Gürkan de faire construire sous le nom de Spiner un gratte-ciel à Maslak, un des quartiers de luxe d’Istanbul.
Le système du profit capitaliste broie la classe ouvrière. Nous ressentons profondément l’émotion des travailleurs de la mine de Soma, et nous la partageons.

Sinif Mücadelesi (UCI)

samedi 10 mai 2014

Le Saint-Chamonais André Moulin sur la liste Lutte ouvrière régionale

Le Progrès - 10/05/2014
 
Si la Grenobloise Chantal Gomez est la tête de liste de Lutte ouvrière de la circonscription sud-est pour les élections européennes, André Moulin, 65 ans, employé retraité de Saint-Chamond, en est le représentant départemental, en 8e position.
« Le système actuel de cette élection mis en place en 2009 est antidémocratique », explique André Moulin. « Nous avons très peu de chance d’avoir d’élus.
Lutte ouvrière entend faire passer son message pendant cette campagne, en affirmant « les exigences fondamentales des travailleurs face au grand patronat, qui met à profit la crise de sa propre économie pour intensifier sa guerre de classe contre les travailleurs en aggravant leurs conditions d’existence par les licenciements, la baisse du pouvoir d’achat, la démolition des protections légales et le sacrifice des services publics ».
« Nous allons répéter pendant cette campagne ce que nous avons dit pendant les municipales », poursuit André Moulin, « faire entendre le camp des travailleurs et réaffirmer un programme de lutte. »
Ce programme, Lutte ouvrière le détaillera lors d’une réunion la semaine prochaine à Saint-Étienne.
Réunion publique avec André Moulin mercredi 14 mai à 19 heures à la maison du Combattant et des Associations, 4, rue André-Malraux à Saint-Étienne.
Courriel : lo.st.etienne@free.fr
Mais c’est évidemment l’occasion de faire entendre la voix des ouvriers, actifs, chômeurs ou retraités. »