mardi 21 avril 2015

Editorial de Lutte Ouvrière du 20 avril 2015

L’EUROPE CAPITALISTE CONDAMNE À MORT LES MIGRANTS 

Combien d’enfants, de femmes et d’hommes sont morts noyés dimanche dans le naufrage de leur embarcation au large de la Libye ? 700, 800, 900 aux dires de certains survivants ? On ne le saura peut-être jamais, mais ce naufrage fait suite à d’autres tout autant effroyables.  
Quand cette hécatombe cessera-t-elle ? Combien de Syriens, d'Érythréens, de Soudanais ou de Somaliens devront encore mourir aux portes de l’Europe avant que l'Union européenne daigne lever le petit doigt ? 
Avec la multiplication des passeurs sur les côtes libyennes et l’afflux de migrants ces derniers mois, l’urgence de la situation était connue. Et qu’a fait l’Union européenne ? Elle a refusé de participer au financement du dispositif de sauvetage mis en place par l’Italie qui avait fait ses preuves en sauvant 150 000 vies. 

lundi 13 avril 2015

Editorial de Lutte Ouvrière du 13 avril 2015

Front national : comment concilier racisme et arrivisme

Les dernières déclarations de Jean-Marie Le Pen sur les chambres à gaz, Pétain et la défense de « l’Europe boréale et du monde blanc », ont été celles de trop pour Marine Le Pen.
Le racisme ordurier de Jean-Marie Le Pen est notoire, il lui a valu nombre de condamnations. Mais il lui a aussi donné un crédit politique auprès de tout ce que le pays compte de réactionnaires. C’est sous cette marque de fabrique qu’il a réussi à rassembler dans un même parti les nostalgiques de Vichy et de la France coloniale, les intégristes catholiques et les admirateurs des régimes autoritaires.
Lorsqu’en 2011, Marine Le Pen prend la relève de son père, elle assume tout l’héritage politique, racisme et provocations antisémites de son père compris. Et elle déclare admirer « la droiture, la noblesse d’âme, la persévérance » de son père.
La voilà aujourd’hui vent debout contre les sorties de son père. Leurs convictions sont-elles devenues incompatibles ? Non. Marine Le Pen ne reproche pas à son père sa haine xénophobe. Elle lui reproche de ne pas tenir sa langue.

lundi 6 avril 2015

Editorial de Lutte Ouvrière du 6 avril 2015

Faire du 9 avril un succès et aussi le début d’une prise de conscience

La CGT, FO, la FSU et Solidaires appellent, ce jeudi 9 avril, à faire grève et à manifester. Il faut que les travailleurs révoltés par les licenciements, la montée du chômage, la précarisation des emplois, le recul incessant de leur pouvoir d’achat, se saisissent de cette occasion pour s’exprimer.
Il faut qu’ils saisissent cette occasion aussi pour exprimer leur écœurement envers ce gouvernement qui se dit socialiste mais qui mène la politique voulue par le grand patronat et les banquiers, avec autant de servilité que l’a fait la droite sous Sarkozy, l’hypocrisie en plus.
Dans sa volonté de réserver une part croissante de son budget aux grandes entreprises capitalistes et aux financiers, le gouvernement marche sur les pieds de bien des catégories sociales. Nombre d’entre elles, des notaires aux médecins, des huissiers aux buralistes, sont descendues dans la rue pour protester. Les seuls qu’on n’a pas réellement entendus, ce sont les travailleurs, les chômeurs, qui subissent, dans toute leur férocité, l’avidité patronale et la crapulerie gouvernementale.

lundi 30 mars 2015

Editorial de Lutte Ouvrière du 30 mars

NE PAS SE LAISSER ABUSER PAR LES PÉRIPÉTIES ÉLECTORALES,
RENOUER AVEC LE COMBAT DES TRAVAILLEURS 

Le verdict du second tour des départementales est tombé : c’est la Bérézina pour le Parti socialiste. La droite dirigera désormais 67 départements, soit les deux tiers d’entre eux. Comme lors des élections municipales où le PS a perdu 150 villes de plus de 9 000 habitants, les élus socialistes locaux payent pour le discrédit du gouvernement.
Bien que « locale », toute la campagne des départementales s’est faite sur des enjeux nationaux et a constitué pour les partis qui ont pu se présenter à l’échelle du pays un galop d’essai pour les prochains scrutins. 
Avec 28 départements gagnés, l’UMP, et Sarkozy en particulier, se voit reprendre le pouvoir en 2017. De son côté, Marine Le Pen a rebaptisé son parti « premier parti de France » parce qu’au premier tour, il a drainé un quart des voix, soit, en comptant les 50 % d’abstention, un électeur sur huit. Elle, aussi, se voit « en route pour le pouvoir ».

lundi 23 mars 2015

Editorial de Lutte Ouvrière du 23 mars

APRÈS LE PREMIER TOUR DES ÉLECTIONS DÉPARTEMENTALES

Ils sont tous contents, les grands partis ! L’UMP et ses acolytes de la droite, parce qu’ils arrivent largement en tête de ce premier tour des élections départementales. Le Front national, parce qu’il s’installe comme l’un des trois grands partis du pays en décrochant des positions de notables et en se rapprochant de la mangeoire. Et même le Parti socialiste ! 
Ce dernier se sait tellement vomi par son propre électorat après trois ans de gouvernement qu’il s’attendait au pire. Même s’il paiera au second tour les conséquences de son recul électoral, avec 20 % le Parti socialiste sauve la face.
Les urnes ne sont même pas encore rangées que le PS appelle à voter au deuxième tour pour les candidats de la droite qu’il appelle « républicains » lorsque ses propres candidats ont été écartés ou ne sont pas en position de gagner.