lundi 30 mars 2015

Editorial de Lutte Ouvrière du 30 mars

NE PAS SE LAISSER ABUSER PAR LES PÉRIPÉTIES ÉLECTORALES,
RENOUER AVEC LE COMBAT DES TRAVAILLEURS 

Le verdict du second tour des départementales est tombé : c’est la Bérézina pour le Parti socialiste. La droite dirigera désormais 67 départements, soit les deux tiers d’entre eux. Comme lors des élections municipales où le PS a perdu 150 villes de plus de 9 000 habitants, les élus socialistes locaux payent pour le discrédit du gouvernement.
Bien que « locale », toute la campagne des départementales s’est faite sur des enjeux nationaux et a constitué pour les partis qui ont pu se présenter à l’échelle du pays un galop d’essai pour les prochains scrutins. 
Avec 28 départements gagnés, l’UMP, et Sarkozy en particulier, se voit reprendre le pouvoir en 2017. De son côté, Marine Le Pen a rebaptisé son parti « premier parti de France » parce qu’au premier tour, il a drainé un quart des voix, soit, en comptant les 50 % d’abstention, un électeur sur huit. Elle, aussi, se voit « en route pour le pouvoir ».

lundi 23 mars 2015

Editorial de Lutte Ouvrière du 23 mars

APRÈS LE PREMIER TOUR DES ÉLECTIONS DÉPARTEMENTALES

Ils sont tous contents, les grands partis ! L’UMP et ses acolytes de la droite, parce qu’ils arrivent largement en tête de ce premier tour des élections départementales. Le Front national, parce qu’il s’installe comme l’un des trois grands partis du pays en décrochant des positions de notables et en se rapprochant de la mangeoire. Et même le Parti socialiste ! 
Ce dernier se sait tellement vomi par son propre électorat après trois ans de gouvernement qu’il s’attendait au pire. Même s’il paiera au second tour les conséquences de son recul électoral, avec 20 % le Parti socialiste sauve la face.
Les urnes ne sont même pas encore rangées que le PS appelle à voter au deuxième tour pour les candidats de la droite qu’il appelle « républicains » lorsque ses propres candidats ont été écartés ou ne sont pas en position de gagner. 

mardi 17 mars 2015

Editorial de Lutte Ouvrière du 16 mars

LE GOUVERNEMENT VEUT SE REFAIRE UNE SANTE AU DÉTRIMENT DES MÉDECINS ET DES PATIENTS 

L’examen de la loi santé de Marisol Touraine démarre à l’Assemblée nationale. On l’a vu ce week-end avec la manifestation des professions libérales, les médecins sont vent debout contre la généralisation du tiers payant.
Cette mesure serait pourtant salutaire. Le tiers payant pour tous serait un soulagement car avancer 23 euros à chaque consultation, une ou plusieurs fois dans le mois selon les situations, est un obstacle pour nombre de familles populaires. Que certains médecins et des représentants nationaux s’y opposent par principe au nom de la « responsabilisation » des patients relève du mépris social.
Quant aux médecins qui expriment leur crainte « d’être transformés en salariés », ils colportent les préjugés classiques de la droite. Ils repoussent avec horreur l’idée d’être salariés, mais ils dépendent déjà, par tous les bouts, des organismes publics. Et que deviendraient-ils s’il n’y avait pas l’État pour organiser le système de santé et pour prendre en charge leur formation ?

lundi 9 mars 2015

Editorial de Lutte Ouvrière du 9 mars 2015

VALLS, CHAMPION… DE LA MONTÉE DU FRONT NATIONAL

« J'ai peur pour mon pays. J'ai peur qu'il se fracasse contre le Front national », « le FN à 30 %, c'est d'une extrême gravité pour notre pays », il est « aux portes du pouvoir », « il peut gagner les présidentielles de 2017 »…, a asséné Valls pour finir par déclarer « il faut à tout prix faire en sorte que le Front national baisse ». 
À travers ce morceau qui restera dans les annales politiciennes, Valls veut s’imposer comme LE champion de la lutte contre le FN, comme LE rempart contre le FN. 
Au nom de la lutte contre le FN, il faudrait oublier le chômage, faire abstraction des reculs que le gouvernement a imposés à la condition ouvrière, se taire contre ses attaques anti-ouvrières et, comme un seul homme, aller voter pour le Parti socialiste. La ficelle est grosse. 

mercredi 4 mars 2015

Editorial de Lutte Ouvrière du 2 mars 2015

À BAS TOUS LES RACISMES, VIVE LA LUTTE DES TRAVAILLEURS !

Loin du mythe de « l’unité nationale », le contexte qui fait suite aux attentats de début janvier est marqué par la multiplication de propos et d’actes antisémites, islamophobes et racistes. S’il ne s’agissait que de la bêtise de quelques abrutis, ce serait déjà un problème. Mais le plus grave, c’est que l’exemple vient d’en haut.  
Ce n’est pas un hasard si le FN attire des candidats appelant sur Facebook à la destruction des juifs ou écrivant des horreurs du genre « Marine, tu es la réincarnation de Hitler, tu vas nettoyer la France ». 
Quand Marine Le Pen n’utilise pas les ignobles tueries perpétrées par des terroristes fanatisés pour distiller le racisme, elle monte les travailleurs ou les chômeurs les uns contre les autres, en fonction de leur nationalité ou de leur religion. Comme les intégristes, elle cherche à creuser un fossé de haine au sein même de la population.