lundi 10 novembre 2014

Editorial de Lutte Ouvrière du 10 novembre 2014

JOUYET-FILLON, HOLLANDE-SARKOZY : BONNET BLANC ET BLANC BONNET

Nouvelle tuile pour Hollande : Jouyet, son bras droit et grand ami, qui était censé mettre de l’ordre à l’Elysée, vient d’être pris en flagrant délit de mensonge. Finalement, il confirme que, oui, Fillon lui a bien demandé d’interférer pour que la justice accélère la procédure des affaires contre Sarkozy.  
Saura-t-on le fin mot de l’histoire ? Fillon a-t-il voulu enfoncer Sarkozy ou est-ce Jouyet qui a voulu piéger Fillon ? Quelqu’un est-t-il effectivement intervenu pour accélérer le traitement judiciaire de certaines affaires contre Sarkozy ? Tout est possible. Mais il n’est pas nécessaire de connaître la vérité pour être écœuré par ces boules puantes. 
La politique se résume de plus en plus en un panier de crabes où il est impossible de distinguer les crabes de gauche et les crabes de droite, les amis de ses ennemis. 

mardi 4 novembre 2014

Editorial de Lutte Ouvrière du 4 novembre

DEUX ANS ET DEMI DE BONS SERVICES RENDUS AU PATRONAT

Cela fait deux ans et demi que Hollande est au pouvoir. Deux ans et demi pendant lesquels le grand patronat a continué de faire payer la crise aux travailleurs à coups de fermetures d’usines, de restructurations et de licenciements. Au nom de la compétitivité, les jours de congés ont été rognés, le travail a été intensifié, les salaires ont été bloqués ou baissés. Et deux ans et demi pendant lesquels le gouvernement a justifié, secondé et aggravé l’offensive patronale. 
Réforme des retraites, augmentation des impôts, loi sur la flexibilité, coupes dans les services publics, le gouvernement a accumulé les réformes anti-ouvrières et multiplié les cadeaux au patronat.    
Le budget 2015 est le résumé de cette politique pro patronale. Pour atteindre les 50 milliards de coupes budgétaires, combien de lits et de services seront encore fermés dans les hôpitaux ? Combien d’écoles ne pourront être restaurées, combien de prestations sociales amputées ? Et tout cela pourquoi ? Pour que le gouvernement fasse 41 milliards de cadeaux au patronat. 

vendredi 31 octobre 2014

Industeel, Châteauneuf (Loire) : le patron condamné après un accident mortel

Article du journal Lutte Ouvrière du 31 octobre 2014


Mercredi 22 octobre, le tribunal correctionnel de Saint-Étienne a reconnu la responsabilité d'Industeel, une filiale d'ArcelorMittal, dans un accident mortel survenu le 2 avril 2012 dans son atelier de Châteauneuf, dans la Loire.
L'ouvrier intérimaire, âgé de 31 ans, avait été blessé au thorax et au bras alors qu'il travaillait avec des collègues sur une presse de 12 000 tonnes. Il était mort sur le coup.
Pour dénoncer les lenteurs de la justice, la famille de la victime, des amis et des ouvriers de l'entreprise avaient manifesté le 2 avril 2014, derrière une banderole « Justice pour Anabi », avec des portraits de la victime et des pancartes « Mourir sur son lieu de travail, pour Arcelor c'est normal ».
L'enquête n'avait pas permis de définir avec précision les circonstances du drame, mais elle avait pointé plusieurs fautes de la part de l'entreprise. Le jour du procès devant le tribunal correctionnel de Saint-Étienne, on avait ainsi appris que des grilles de protection autour de la presse existaient par le passé. Elles avaient été enlevées pour gagner en temps et « en efficacité », puis remises suite à cet accident. La procédure pour changer les pièces métalliques sur la presse a aussi été mise en cause.
Dans son jugement, le tribunal estime que l'entreprise est coupable. Elle est condamnée à plusieurs amendes, pour un montant total de 29 800 euros. En outre, elle devra verser des dommages et intérêts aux proches de la victime.
Bien que reconnu coupable, Industeel et, au-delà, le groupe ArcelorMittal, s'en tirent tout de même bien. La vie d'un jeune intérimaire ne leur coûte que quelques dizaines de milliers d'euros. La justice est lente pour sanctionner les patrons et, quand elle le fait, c'est loin d'être à la hauteur de la gravité des faits.
Correspondant LO

mercredi 29 octobre 2014

Editorial de Lutte Ouvrière du 27 octobre 2014

PDG de Total : un commis de la bourgeoisie encensé par ses semblables

Avec la présence de Hollande et de Valls, les obsèques de Margerie ont pris l’allure d’un hommage national. Les élus de gauche comme de droite y ont participé en nombre aux côtés du gratin de la bourgeoisie française, de la présidente du FMI, Christine Lagarde, et de l’Émir du Qatar.
Pourquoi tant d’honneurs ? Total symbolise à lui seul tous les méfaits du capitalisme. Malgré ses profits colossaux et les 5 milliards de dividendes annuels versés aux actionnaires, Total a fermé des raffineries, supprimé des emplois et ajouté des chômeurs aux millions qui existent déjà en France.
Malgré ses 10 milliards de profits, Margerie a fait en sorte que Total ne paie pas un centime d’impôt sur les sociétés pour 2013, comme pour 2012. Et si le groupe parvient encore à présenter des comptes en déficit l’année prochaine, le fisc a prévu de lui faire un chèque de 80 millions au titre du crédit d’impôt compétitivité et du crédit recherche.
Aux yeux d’un bourgeois, cela en fait assurément un « grand homme ». Mais sûrement pas pour le commun des mortels !

mardi 21 octobre 2014

Bel Maille – Riorges : les salariés occupent leur usine

Les 58 salariés de l'entreprise textile Bel Maille, à Riorges près de Roanne, occupent leur usine depuis le vendredi 17 octobre, avec le soutien de la CGT locale. Ils réclament de meilleures primes de licenciement. En effet, l'entreprise a été placée en redressement judiciaire, et pour le moment, les indemnités proposées sont au minimum de la convention Textile, c'est-à-dire presque rien.
L'entreprise familiale a été reprise en 2009 par une holding mais, selon la CGT, celle-ci s'est contenté de piller la trésorerie avant de mettre la clé sous la porte. Elle s'est même versé des dividendes confortables ces dernières années.
Le gérant invoque la crise pour expliquer les difficultés de l'entreprise. La rapacité patronale y est aussi pour beaucoup.